ZOMBIE ZOMBIE – ILLUMINATIONS

HAPPY TROUT est fière de vous présenter le nouveau clip de Zombie Zombie du single Illuminations. Réalisé par Antoine Ferrando, avec Romain Prouveur à la caméra, une coproduction QWARTZ Global Media, HAPPY TROUT, Versatile Records et KURYAKIN avec le soutien de la SPPF. Tourné à Château Rouge en Septembre, une occasion de se plonger dans le monde merveilleux de la Sapologie.

Quelques mots de la part d’un producteur

Vous aurez beau insister, essayer, encore et encore, demander à chaque membre de HAPPY TROUT quelle est l’origine de ce nom, vous aurez une réponse différente venant de chacune de ces personnes. Moi seul connait la vérité, et je dirai simplement que la truite en question fût bien heureuse de collaborer avec moi ce jour là.

HAPPY TROUT c’est plus qu’une société de production cinématographique, c’est, pour moi et mes collaborateurs, qu’ils soient réalisateurs ou producteurs, une nécessité, une ligne de vie, un amour déraisonnable. Nous vivons pour le cinéma et par le cinéma et c’est pour cette unique raison que nous avons créé HAPPY TROUT.

En tant que producteur et réalisateur, c’est aussi une question de liberté, celle de pouvoir créer librement, de nous donner les moyens, d’insuffler une vie a nos ambitions et nos rêves.

Je me souviens parfaitement de cet instant où j’ai décidé de devenir producteur, de m’émanciper en créant une société. C’était à Paris, les choses n’avançaient pas, les perspectives de faire du cinéma (mon métier) se réduisaient de jour en jour.

Puis j’ai pris conscience qu’au delà de cette inertie plombante, malgré les échecs, les refus, il restait l’amour. En onze ans de métier s’est opéré un virage à 360° dans l’industrie cinématographique. Sur le tournage de mon premier film d’autodidacte (Land of Grace), j’ai pu voir ma grand mère, la première actrice que j’ai mis en scène, me crier dessus face caméra; au moment où un chef opérateur pas très coopératif refusait de tourner une prise, elle cria: « Ne te laisse pas faire ! ». Rajoutant cette école de montage, gérée par des russes de la vieille école, au sein de laquelle on m’a appris la magie qui s’opère quand on colle un plan à un autre,  ces petits boulots d’assistant de production, où j’ai fréquenté des producteurs, certains bons d’autres mauvais; tous ont contribué à mon apprentissage. Enfin sur les marchés du film, où j’ai appris les réalités du marché et l’importance de savoir bien vendre ses films, en les aimant avant toute chose.

J’avais fait le tour, comme on dit, il ne me restait plus qu’une chose à faire (et aussi hasardeux que cela puisse paraître), monter une affaire.

Au cours des deux dernières années, ce choix crucial s’est révélé comme salvateur, à chaque rencontre et avec chaque nouveau projet. Ce matin où j’ai découvert pour la première fois un manuscrit écrit à la main par Didier Lambert, d’un court métrage qui s’appelle Maman, que nous allons tourner en mai, avec Simon Thoral à la réalisation. Ce jour où  Gregory Ghersy ma montré un version presque achevé des Voix Immobiles, un long métrage co-réalisé avec Aurélien avril, j’ai su immédiatement qu’il fallait montrer ce film en salles, qu’il s’agissait d’une proposition nouvelle, d’un film qui va à l’encontre de toutes les tendances actuelles avec une grande simplicité. Aussi ce jour où Tamara Erde, une jeune réalisatrice très talentueuse, m’a contacté pour me proposer un film sur le musicien Japonais Kazuya Nagaya, Le Prophète du Silence. Je compris que mon métier consistait à aider les autres au sein d’une passion commune, celle du cinéma humainement audacieux. En aucun cas une audace de principe, non, ni une originalité trop visible pour que l’on puisse y croire, non. Ce que je nomme audace n’est pas si exceptionnel que ça; c’est, comme désire le faire Tamara, aller au Japon simplement pour filmer un être, c’est faire un long métrage du mieux possible avec le moins de moyen possible, comme l’a fait Gregory en amenant toute une équipe dans son projet, c’est moi derrière la caméra, suivant Norman Spinrad et Dona Sadock dans les rues de la Nouvelles Orléans, dans les swamps habités d’alligators, filmant des rencontres plus merveilleuses les unes plus que les autres. L’audace c’est peut être la générosité, l’amour de l’aventure.

Il n’y a plus aucun doute aujourd’hui, j’ai fait le bon choix.

Pour reprendre à ma façon les mots de Jean Mitry – Je fais des films parce que je ne connais rien d’autre, et c’est pour cela que j’ai monté une affaire.

Ben Abrass – Producteur

Asnières Sur Seine, Mars 2012